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Plombiers-Chauffagistes 6 min de lecture

NF DTU 60.5 : réseaux d’évacuation et d’assainissement

Le DTU 60.5 encadre la conception et l'exécution des réseaux d'évacuation des eaux usées et pluviales. Diamètres, pentes et règles de pose.

NF DTU 60.5 : réseaux d’évacuation et d’assainissement

Champ d’application du NF DTU 60.5

Le NF DTU 60.5 (« Canalisations d’évacuation des eaux usées et pluviales — Bâtiments d’habitation et assimilés ») régit la conception et l’installation des réseaux d’évacuation pour les bâtiments d’habitation et tertiaires courants. Il complète le DTU 60.1 (alimentation) et s’articule avec le DTU 60.32 pour les chenaux et descentes EP en parties extérieures.

Le DTU 60.5 couvre : les évacuations intérieures (chutes, collecteurs), les ventilations primaire et secondaire, les regards et systèmes de raccordement à l’égout public. Il définit les diamètres minimaux par appareil sanitaire, les pentes admissibles, et les modes de raccordement.

Diamètres minimaux par appareil

Chaque appareil sanitaire impose un diamètre minimal de canalisation d’évacuation. Lavabo : 32 mm. Bidet : 32 mm. Évier 1 bac : 40 mm ; évier 2 bacs : 50 mm. Douche / receveur : 40 mm (60 mm pour douche italienne). Baignoire : 40 mm. Lave-linge : 32 mm. WC : 100 mm pour les chutes verticales. Lave-vaisselle : 32 mm. Ces diamètres sont des minimums ; un dimensionnement adapté peut imposer des valeurs supérieures selon le nombre d’appareils raccordés en cascade.

Pentes et règles d’écoulement

Les canalisations horizontales doivent présenter une pente régulière garantissant l’auto-curage. Pour les diamètres jusqu’à DN 80, la pente minimale recommandée est de 2 % (2 cm/m). Pour DN 100 et au-delà, 1,5 % suffisent. Une pente excessive (> 5 %) est à éviter car elle peut provoquer le ressuyage du fond (siphon vidé) et la transmission d’odeurs.

Les changements de direction utilisent des coudes à grand rayon (1/8 ou 1/4 progressifs). Les piquages se font de préférence en Y (45°) plutôt qu’en T pour favoriser l’écoulement et limiter les engorgements.

Ventilation des réseaux

La ventilation des chutes est essentielle pour préserver les gardes d’eau des siphons et éviter les coups de bélier hydrauliques. Le DTU prévoit deux types de ventilation. Ventilation primaire : prolongement de la chute principale au-delà du toit (chapeau de ventilation), section égale à celle de la chute. Ventilation secondaire : parfois nécessaire sur les collecteurs longs ou les installations comportant de nombreux appareils.

Pour les rénovations où la ventilation traditionnelle est impossible, des aérateurs à membrane (ou clapets équilibreurs de pression) peuvent être utilisés, sous réserve de respecter les conditions d’emploi du fabricant et du DTU.

Raccordement à l’égout et regards

Le raccordement au collecteur public se fait via un regard de branchement situé en limite de propriété, accessible et conforme aux exigences du règlement d’assainissement local. La canalisation de raccordement est généralement en PVC ou en grès, posée sur lit de sable, pente régulière (mini 1 % pour DN 150 et au-delà).

Un essai d’étanchéité à l’air ou à l’eau est exigé avant remblayage des tranchées. Tolérance d’étanchéité selon NF EN 1610. Un PV d’essai est conservé pour la réception des travaux.

Questions fréquentes

Peut-on raccorder un WC en 80 mm en lieu et place du 100 mm ?
Non, le 100 mm est un minimum réglementaire pour le raccordement WC. Le 80 mm n'évacue pas correctement les matières solides et entraîne des engorgements rapides.
Quelle hauteur minimale pour la ventilation primaire au-dessus du toit ?
40 cm minimum au-dessus du faîtage, avec un éloignement de 1 m de toute ouverture ou prise d'air. Le chapeau de ventilation doit empêcher l'entrée d'eau et de nuisibles.
Les aérateurs à membrane sont-ils autorisés en construction neuve ?
Oui mais uniquement en complément de la ventilation primaire, ou sur des piquages spécifiques. La ventilation primaire en toiture reste la solution de référence en neuf.
Que faire en cas de contre-pente impossible à éviter ?
Recourir à un poste de relevage avec broyeur ou pompe sanitaire. Vérifier que la solution est techniquement adaptée (puissance, autonomie, alarme). PV de mise en service obligatoire.

Sources