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TGBT : dimensionnement, sélectivité et coordination des protections

Le Tableau Général Basse Tension est la pièce maîtresse de toute installation électrique. Maîtriser son dimensionnement et la coordination des protections est essentiel pour tout tableautier.

TGBT : dimensionnement, sélectivité et coordination des protections

Le TGBT, cœur de l’installation basse tension

Le Tableau Général Basse Tension (TGBT) assure la distribution de l’énergie depuis le transformateur HTA/BT jusqu’aux tableaux divisionnaires et aux récepteurs finaux. Il intègre la protection générale de l’installation, les départs de distribution, les équipements de mesure et les systèmes de contrôle-commande.

Dans un bâtiment tertiaire ou industriel, le TGBT concentre des niveaux d’énergie élevés : courants nominaux de plusieurs centaines d’ampères et courants de court-circuit pouvant dépasser 50 kA. Son dimensionnement requiert une analyse précise de la puissance appelée et des contraintes de sécurité.

Bilan de puissance et choix du disjoncteur général

Le dimensionnement du TGBT commence par l’établissement du bilan de puissance : somme des puissances installées, application des coefficients de simultanéité et d’utilisation, prise en compte des harmoniques et des pointes de démarrage. Cette analyse détermine le courant nominal du jeu de barres principal et du disjoncteur général.

Le disjoncteur général doit être calibré au minimum à 125 % du courant maximum appelé, avec un pouvoir de coupure (Icu) supérieur ou égal au courant de court-circuit présumé au point d’alimentation. Pour un transformateur 630 kVA, l’Icc peut dépasser 22 kA : un disjoncteur de série H ou L est alors nécessaire.

Sélectivité totale et énergétique

La sélectivité garantit que seul le dispositif de protection le plus proche du défaut déclenche, sans propager la coupure vers l’amont. Elle s’obtient par la combinaison de sélectivité ampèremétrique (réglage des seuils magnétiques), chronométrique (temporisations différentes) et énergétique (limitation de l’énergie laissée passer).

Les fabricants publient des tables de sélectivité associant leurs références de disjoncteurs deux à deux. Une vérification logicielle — via le module Schneider Electric ECO3 ou l’outil Hager Selection — permet de valider l’ensemble de la cascade de protections avant fabrication de l’armoire.

Jeu de barres : section, matière et disposition

Le jeu de barres d’un TGBT est généralement constitué de cuivre (conductivité 57 m/Ω·mm²) ou d’aluminium (35 m/Ω·mm²). La section est calculée pour respecter l’échauffement maximal admissible (85 °C pour le cuivre en régime continu) et la tenue électrodynamique aux efforts de court-circuit.

La disposition des barres (horizontale, verticale, en peigne) influence la facilité de maintenance, les extensions futures et les performances thermiques de l’armoire. Une disposition horizontale avec barres de neutre et de protection identifiées selon NF C 15-100 est la référence pour les installations tertiaires.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que la sélectivité dans un tableau électrique ?
La sélectivité est la propriété d'une installation à n'ouvrir que le dispositif de protection le plus proche du défaut, sans déclencher les protections en amont. Elle assure la continuité de service des circuits non concernés par le défaut.
Quelle est la différence entre sélectivité ampèremétrique, chronométrique et logique ?
La sélectivité ampèremétrique est basée sur les seuils de courant (disjoncteur aval plus sensible). La chronométrique introduit un retard intentionnel sur le déclenchement du disjoncteur amont. La sélectivité logique (communication entre disjoncteurs) est utilisée dans les TGBT à haute disponibilité.
Comment vérifier la sélectivité entre deux disjoncteurs ?
Les fabricants publient des tables de sélectivité dans leurs logiciels (Ecodial pour Schneider, DOC pour ABB). La règle de base : le disjoncteur amont doit avoir un courant de court-circuit nominale assignée (Icc) supérieur à l'Icc maximal traversant le disjoncteur aval.
Quelle puissance de court-circuit (Icc) faut-il calculer en tête du TGBT ?
L'Icc en tête du TGBT dépend de la puissance du transformateur HTB/BT (ou du raccordement réseau ENEDIS) et de l'impédance de la liaison. Pour un transformateur 630 kVA en 20 kV/400 V, l'Icc au secondaire est typiquement de 10 à 14 kA. Caneco BT calcule automatiquement ces valeurs.
Faut-il un bilan de puissance pour le TGBT ?
Oui, le bilan de puissance (ou bilan de charge) liste tous les départs avec leur puissance installée, leur facteur de simultanéité et de puissance, pour déterminer la puissance apparente totale. Il conditionne le dimensionnement du disjoncteur général, du jeu de barres et de l'abonnement HTB/BT.